> Compagnie de théâtre L'Elan bleu en Normandie
L’Oiseau bleu est une délicieuse féerie philosophique qui se déroule dans une atmosphère enchantée et offre un mélange original de sagesse et de poésie : une poésie, bien sûr, revêtue de gravité et une sagesse nimbée de poésie, ingrédients nécessaires aux contes, et que Maeterlinck manipule, selon les critiques, tel un « magicien styliste ». La pièce, extraordinaire et naïve à la fois, est considérée par certains comme l’apogée de la carrière dramatique de l’auteur, « le moment le plus brillant et le plus heureux de son inspiration » (joué à Paris en 1911, l’Oiseau bleu y reçut un accueil triomphal).
L’étonnement est le ressort essentiel chez Maeterlinck. Il veut faire ressentir à ses personnages et donc aux spectateurs «ce qu’il a d’étonnant dans le seul fait de vivre, c’est-à-dire de faire entendre au-delà des dialogues ordinaires de la raison et des sentiments, celui de l’être et de sa destinée ». Parti d’un pessimisme absolu (« les hommes ne sont que des précaires et fortuites lueurs perdues dans un océan de mystère »), personne ne s’est pourtant penché avec plus d’amour que ce philosophe de la mort sur les plus humbles mystères de la vie. Il est vrai que la mort rôde dans ses textes, les fantômes ou les présences et on ne sait jamais vraiment si les personnages sont en vie, déjà morts, dans un rêve éveillé, un cauchemar, un autre niveau de conscience, dans l’au-delà ou dans ce monde-ci.
Maeterlinck mystique ? On peut le penser. Mais il est certain qu’au travers de son œuvre, il a maintenu les droits de l’invisible et du mystère, car « l’idéalisme magique » l’enchantait. Étonnement et enchantement, donc, ont été les maîtres mots pour nous atteler à cette pièce et retrouver nos âmes d’enfants, nos peurs des couloirs sombres, des portes des greniers, des sorcières et des fées. « Croire et faire croire » (comme l’écrivait Flaubert !) qu’il est encore possible de retrouver notre humanité. Celle qui a connu les époques de haute spiritualité ; époques mystiques où les barrières entre les hommes semblent s’abaisser et où les âmes délivrées communient dans de fraternelles étreintes. On peut rêver !
En collaboration avec la Compagnie Aello et l’Atelier théâtre du Lycée Alexis de Tocqueville.
Mise en Voix Olivier Poujol
Avec
Solène Froissart
Camille Jame
Véronique Lucas
Chantal Servant
Marie-odile Dubost
Olivier Riou
Alain Benoit
Pascal Guerrin
Romain Leroux
Florian Murail
Michel Marion
Coproduction et soutien technique Le Trident, Scène Nationale de Cherbourg-Octeville.