> Compagnie de théâtre L'Elan bleu en Normandie
Après avoir travaillé dans notre dernier spectacle sur l’œuvre de Fernando Pessoa en empruntant notamment des extraits de son Faust, nous souhaitons continuer notre exploration de l’Identité et de ses métamorphoses en allant puiser à la source de ce questionnement identitaire et de ses implications en interrogeant le mythe Faustien.
La Compagnie développe dans ses créations une esthétique emprunte de magie, de mystère, de légende, de virtuel, de rêves. Une orientation artistique tournée vers les univers fantastiques qui nous permettent à chaque fois de mieux mettre en exergue la réalité de notre monde, de confronter l’imaginaire (poétique, divin, politique…) à la réalité des hommes. Faust est aujourd’hui pour nous une étape logique dans notre travail. Il porte à merveille le thème de cette rivalité entre deux mondes opposés mais intraséquement liés, le réel humain et l’imaginaire divin. Les nouvelles technologies que nous mêlons à nos créations et à notre travail de mise en scène nous permettent plus que jamais de mettre en application nos recherches artistiques à partir de ce mythe légendaire, intemporel et universel.
“ Les pauvres gens ne soupçonnent jamais le diable,
quand même il les tiendrait à la gorge.”
Faust, Johann Wolfgang von Goethe
[ Note du metteur en scène ]
- Qui es-tu donc à la fin?
- Je suis une partie de cette force qui, éternellement, veut le mal, et qui, éternellement, accompli le bien.
Goethe, Faust
Dans cette libre adaptation du mythe faustien, le célèbre pacte se joue entre trois seuls protagonistes,
Faust, Méphisto et Marguerite, dans un espace épuré où tout semble surgir de nulle part. Le trio se livre à un jeu malsain où la magie noire et la manipulation prennent sur la scène les formes contemporaines d'avatars, de transformations et disparitions à vue. De leur rencontre virtuelle à leur contact charnel, Faust, sorte de génie du cyber-espace et Marguerite, stralette d'un soir, amorcent leur descente aux enfers, orchestrée par un Méphisto magique et jubilatoire au milieu d'illusions sonores et visuelles.
Que le spectateur ne s'y trompe pas ; il ne ressortira pas indemne de cette dangereuse rêverie poétique. On ne convoque pas le diable pour rien !
Créer des passerelles entre l'imaginaire et des univers scéniques et virtuels emprunts d'illusion et de magie stimule en permanence mon désir de mise en scène, satisfaisant aussi sans doute mon âme d'enfant. Avec Faust, le défi d'associer la technologie sur scène et les effets visuels de la magie au service d'une oeuvre qui y fait précisement référence permet de s'abandonner diaboliquement à cette exploration.
Cette proposition interroge nos comportements face aux procédés actuels de magie qui emplissent notre quotidien au travers de l'ensemble des médias : la publicité, l'information, la politique, sans oublier le médium Web. Tous utilisent les techniques visuelles et de mentalisme issues de la magie ancestrale ; il y a les effets "spectatoriels" les plus connus, et ceux beaucoup plus insidieux dont nous sommes tous victimes. Le Net contribue et participe aujourd'hui à ces nouvelles croyances : ce qui est visible à l'écran (Tv, PC ou affiche) est La Vérité. L'info garantie par le Dieu Google ! L'accès au 5ème pouvoir quasi gratuit et pour tous en un clic ! Sans doute un sentiment exaltant de puissance et de soif compulsive de connaissance mais aussi un sérieux risque, tel notre Faust, de s'y perdre corps et âme.
Loin d'être un plaidoyer contre cet outil fantastique sur la plan scientifique, social et économique, le spectacle soulève les mêmes questions que lorsque lors de faits divers le Net a fait irruption dans la sphère privée et de l'intime ouvrant la porte à toutes les dérives.
Dans Faust, le diable n'y figure pas cependant comme la représentation néfaste et carricaturale du Web, mais plutôt comme l'usage que pourrait en faire l'Homme pour satisfaire ses instincts les plus bas.
Directeur Artistique et Metteur en Scène
[ Distribution ]
Conception et mise en scène - Olivier Poujol
Avec la collaboration artistique de - Marco Bataille-Testu
Adaptation - Olivier Poujol avec l'aide de Christophe Tostain
Lumière - Cyrille Nagau
Son - Arnaud Léger
Régie - Cyrille Lebon
Costumes - Jenny Magniez
Jeu - Christophe Tostain, Stéphane Lara, Abigail Green
[ Partenaires ]
Une coproduction Cie L’Elan Bleu et le Trident-Scène Nationale de Cherbourg-Octeville, avec le soutien de la DRAC Basse-Normandie et de la Région Basse-Normandie.
La compagnie est associée au Trident-Scène Nationale de Cherbourg-Octeville et subventionnée par Le Conseil Général de la Manche et La Ville de Cherbourg-Octeville.