> Compagnie de théâtre L'Elan bleu en Normandie
![© C.L’E.B.[A.R.T.S] Compagnie L’Elan Bleu](images/701_1_482.jpg?61365,18)
Hérodias est le dernier volet du triptyque flaubertien de la compagnie l’Élan Bleu. Avec cet ultime panneau se referme le travail engagé avec La Légende de Saint Julien l’Hospitalier et Le Cœur Simple. Cette nouvelle plongée dans l’Antiquité et vers l’Orient nous rapproche cette fois de l’origine sur fond de chronique de l’occupation romaine en Judée. Nous y rencontrons les acteurs épisodiques de l’épopée de Jésus-Christ.
Hérodias traite des enjeux du pouvoir politique et de la foi : l’exécution d’un otage, Ioakanann (Jean-Baptiste) y repose en outre sur un jeu de séduction essentiellement féminine, dansée et mortelle. Flaubert nous livre une œuvre plus théâtrale que les autres, proche de la structure de la tragédie antique. Elle met en scène l’affrontement, en l’espace d’un jour et d’une nuit, du Tétrarque Antipas, gouverneur juif, et de ses adversaires. Excédé par les discordes religieuses, par les récriminations de son épouse Hérodias, il a fait emprisonner Ioakanann, celui qui annonce la venue du Christ et se répand en imprécations. Il est toutefois soulagé d’abandonner son prisonnier au proconsul romain Vitellius qui lui rend visite. Lors du festin qu’il donne, Antipas est subjuguée par la danse sensuelle de la fille d’Hérodias, Salomé. Lui ayant publiquement promis de lui accorder ce qu’elle voudrait, il est contraint de lui offrir la tête de Ioakanann qu’il fait décapiter dans son cachot.
Dans le traitement résolument contemporain de cette fable, l’image numérique et la captation en temps réel auquel s’additionnent des plans préenregistrés met en exergue l’érotisme et le fantasme des protagonistes, les jeux de séduction et d’apparence, ceux du pouvoir autoritaire, de la manipulation et du complot. Les images sont simultanément diffusées sur un mur d’écrans mobiles formant ainsi une image géante ou une mosaïque d’images réparties dans l’espace scénique. Ce dispositif prend en charge le rôle habituel du chœur dans la tragédie antique, celui du rapporteur et témoin de ce qui se joue, mais aussi celui de l’œil du spectateur. Les caméras subjectives donnent ainsi au public l’accès à ce qui se trame hors du plateau, lieu de l’action et des grands effets du drame. Ainsi est mis en jeu dans cet univers télévisuel ce qui influence ou contrarie de l’extérieur la perception ou la prise de décision des personnages qui détiennent le pouvoir.