> Compagnie de théâtre L'Elan bleu en Normandie
![© C.L’E.B.[A.R.T.S] Compagnie L’Elan Bleu](images/707_1_513.jpg?61720,93)
Tout l’appareil de la chevalerie et du Moyen Age, mêlant réel et fantastique.
réunis en une heure trente dans le plus « simple » conte pieux jamais écrit. Entre théâtralité, espace virtuel, poétique et cinétique, avec la gestuelle issue de l’iconographie religieuse. La pièce nous entraîne dans un espace réel, mystique et dramatique. Le père et la mère de Julien vivent dans un château. Ils ont tout. Ils veulent un enfant. À force de prier Dieu, un fils leur est donné et très tôt va commencer la longue suite des exactions de l’élu. Julien, c’est le symbole de l’homme qui secrète de l’inhumain. Le rugissement du forcené, la Furor non-maitrisée qui conduisent au meurtre. Au-delà du climat dramatique de violence, de sang et de cruauté que suggère Flaubert, l’écrivain s’échappe du réel, fuit ses propres démons et livre en toute liberté ses questions sur le monde. La légende de Saint Julien L’Hospitalier est aussi pénétrée de la problématique toute judéo-chrétienne de l’injonction divine dont se réclament les fous de Dieu. L’alliance à jamais paradoxale du religieux et du guerrier.
Notre travail sur cette pièce se situe sans doute là : L’observation de nos tyrans actuels, savamment barbares et notre refus d’affronter notre destin d’assassin. La densité des images sur scène reflète un territoire qui nous est propre : celui de la dramaturgie des corps, de l’espace, des sons et de l’image. Véritables matériaux de tension sensorielle, le texte de Flaubert est là, donné avec humilité, dans la tentative d’en traduire la pulsation charnelle. La recherche dans ce parcours au côté de Flaubert est aussi le début d’un travail sur le Sacré qui se poursuit avec les deux autres volets de ce triptyque. Le Sacré, au sens de l’espace imaginaire où l’Homme invente ses origines, les relie à celles du monde, et y parle de ses espérances et de ses peurs.