Voir nos toutes photosListe des sites externesContactez-nous
Photothèque
Liens
Contact
S'inscrire à la newsletter

Les beaux élans de L'Elan Bleu

Magazine Territoire d'expression, Emmanuelle Lemesle, octobre 2008.

© C.L¡¦E.B.[A.R.T.S] Compagnie L¡¦Elan Bleu

 

La compagnie de théâtre L'Elan Bleu a été créée en 1995 par Olivier Poujol et un collectif d'acteurs, d'auteurs et de metteurs en scène ayant pour point commun d'axer leur travail sur la recherche et l'expérimentation. Treize ans plus tard, la compagnie a obtenu sa licence d'entrepreneur de spectacles et emploie trois personnes. Sabrina Oltmanns, entrée comme emploi jeune en novembre 1999, est administratrice ; Nicolas Gelez occupe le poste de conseiller en communication ; enfin, Pricille Pronost, agent de développement, partage son temps entre L'Elan Bleu et la compagnie Y'A Qu'A basée à Tourlaville.

 

Olivier Poujol et sa troupe sont installés dans l'ancien hôpital des Armées de Cherbourg où ils disposent de bureaux, mais surtout d'un studio de 80 m2 : « Ainsi, non seulement nous sommes autonomes, mais nous dépannons d'autres compagnies par des prêts de locaux et de matériel, écran plasma, vidéo projecteur ou encore caméras », indique Sabrina.

 

Dans la peau de Fernando Pessoa

En cette fin d'été, la compagnie rentre du festival d'Avignon, forte d'un succès prometteur dans le Off. Le fait est que la performance d'Olivier Poujol dans Intervalle # Persona, d'après Fernando Pessoa, est totalement époustouflante. « Le spectacle recrée en temps réel l'univers mental et les hétéronymes de Fernando Pessoa », explique Olivier. Seul sur scène, le comédien réalise donc la prouesse d'incarner Pessoa face à ses doubles. Cinq représentations avaient déjà été données cet hiver au théâtre du Vox à Cherbourg (dans le cadre de la saison du Trident, la scène nationale cherbourgeoise), qui avaient déjà suscité l'admiration du public.

Il faut dire qu'Olivier est depuis longtemps familier de Fernando Pessoa, dont il guette « chaque nouvelle traduction », et que ce n'est pas la première fois qu'il l'adapte. « J'ai eu envie d'affiner un premier projet que j¡¦avais mené en 2001 à l'occasion du festival Théâtre au singulier, confirme le comédien, et d'en profiter pour évoquer la folie de Pessoa par la matérialisation du dialogue qu'il a avec lui-même. » Un dialogue multiple jusqu'au vertige car ne perdons pas de vue que le poète, qui ne cessait pourtant de répéter « Je ne suis personne », signa ses textes de plus de 70 hétéronymes, dont ceux d'Alberto Caeïro, Alvaro de Campos, Ricardo Reis, pour les plus connus. Pain bénit pour un Olivier Poujol qui se délecte de surcroît de cette «  écriture presque automatique qui marche très bien à l'oral ». Fil conducteur de ces poèmes, ainsi que de la correspondance du poète, adaptés par le comédien : le non-amour (Pessoa n'a en effet eu que peu de relations amoureuses, sinon aucune). Le spectacle alterne entre émotion et sourire, réflexion et folie. Sans mélancolie, « Pessoa est Portugais... C'est-à-dire qu'il évoque des choses douloureuses, mais toujours avec distance et ironie, un peu comme dans le fado. » Il s'observe et pose un regard critique sur lui-même. Pour parvenir à illustrer cette posture de celui qui disait « Ne pouvoir aimer, c'est d'abord ne pas s'aimer dans le regard de l'autre autant que dans le sien propre », Olivier a disposé des miroirs sur le plateau. Il se sert aussi de la vidéo et accorde une grande importance à l'univers musical pour « entrer dans sa rêverie, sa vision intérieure, lorsqu'il se démultiplie ». L'illusion est parfaite car une quarantaine de programmateurs professionnels a vu le spectacle et « les retours sont positifs, se réjouit le comédien. C'est prometteur pour la tournée 2009-2010 ». Autre signe qui ne trompe pas : « A Avignon, la jauge était pleine pour chacune des 23 représentations, même une fois le festival « in » terminé »

 

Dans les cartons

La prochaine pièce, encore dans les cartons, s'intitule Faust. « Notre travail s'appuiera sur une exploration des textes de Marlowe, de Goethe, de Tourgueniev, de Jarry, de Giono, de Thomas Mann, de Pessoa et de Boulgakov ; un tour d'horizon littéraire pour puiser dans chacun d'eux l'essence du héros faustien et sa transposition dans notre monde d'aujourd¡¦hui », décrit le directeur artistique, Olivier Poujol, qui espère pouvoir monter son Faust en 2009. Pourquoi Faust ? : « Faust est une étape logique dans notre travail. La compagnie développe, dans ses créations, une esthétique emprunte de magie, de mystère, de légende, de virtuel, de rêves. »

 

Des ateliers dans la ville

La compagnie s'inscrit complètement dans la vie culturelle locale et départementale. Olivier Poujol donne, par exemple, des cours aux élèves de terminale du lycée Jean-François Millet qui ont pris l'option théâtre. L'Elan Bleu accompagne également les pratiques amateurs en partenariat avec le Trident, lors d'ateliers, ainsi qu'avec la maison des Jeunes et de la Culture pour les Téméraires, festival de théâtre amateur réunissant les différentes troupes de la communauté urbaine, en mai. La troupe, qui y propose des ateliers d'écriture, renouvelle l'expérience cette année avec l'intervention de Christophe Tostain, comédien, auteur et metteur en scène, de la compagnie du Phœnix, à Cormelles Le Royal. Autre rencontre autour de l'écriture, Les Mercurielles font également appel à l'Elan Bleu pour la soirée de clôture, en décembre, pendant laquelle sont lus des textes rédigés dans les divers ateliers. Enfin, en février dernier, le festival cherbourgeois du cinéma hispanique Cinemovida a sollicité Olivier Poujol et ses acolytes pour lire en public Révolte dans les Asturies, d'Albert Camus.

 

Magazine Territoire d'expression, Emmanuelle Lemesle, octobre 2008.

 

Mentions légales  -  Copyright 2007. C.L’E.B.[A.R.T.S] Compagnie L’Elan Bleu  -  Tous droits réservés  -  Conception : www.objectif-multimedia.com  /  Hébergement : www.2ilog.net